Tu sais ce qu'il faut faire. Tu l'as travaillé. Et au moment de le faire, tu ne le fais pas. Tu joues la balle sûre, tu ne montes pas, tu ne tentes pas.
Puis tu t'en veux, ce qui n'aide absolument pas la fois suivante.
Tu n'attends pas d'être prêt, tu attends d'avoir moins peur
C'est la confusion centrale. On croit qu'il manque de la préparation, alors qu'il manque du confort.
Sauf que le confort n'arrive jamais avant. Il arrive après, et seulement si tu y es allé. Attendre de te sentir prêt pour agir revient donc à attendre le résultat d'une action que tu n'as pas faite.
Ça peut durer des saisons entières.
Ce que tu crains n'est presque jamais l'échec
Quand on descend d'un cran, ce n'est jamais la défaite en soi qui bloque.
Demande-toi : si je rate ça, qu'est-ce qui se passe ? Réponds. Puis repose la question sur ta réponse. Recommence trois ou quatre fois.
Tu vas tomber sur quelque chose de beaucoup plus précis, et souvent social. Ce que les autres vont penser. Ce que ça dirait de ton niveau réel. La confirmation d'une chose que tu redoutes sur toi.
Ce n'est pas confortable à écrire. C'est aussi le seul moyen de sortir du flou, parce qu'une peur nommée devient discutable, alors qu'une peur diffuse reste toute-puissante.
La motivation ne se commande pas, la décision si
Attendre d'avoir envie est une stratégie perdante. L'envie est un état, et un état ne se convoque pas sur demande.
Ce que tu peux décider en revanche, c'est le déclencheur. À l'avance, à froid, quand tu es tranquille.
Le format qui fonctionne est très simple : si telle situation se présente, alors je fais telle chose. « Si je mène 9 à 7, alors je sers court sur le revers. » « Si je sens que je ralentis, alors je monte d'un cran sur la première balle. »
L'intérêt est qu'au moment où la situation arrive, tu n'as plus à décider. La décision a déjà été prise, en dehors de la pression. Il ne reste qu'à exécuter.
C'est bête et c'est redoutablement efficace, parce que ça déplace le choix hors du moment où tu es le moins capable de choisir.
Réduire la taille de la marche
Une action qui fait peur est souvent une action trop grosse.
Découpe. Pas « oser jouer mon jeu en compétition », mais « tenter ce coup une fois dans le premier set ». Une fois. Le résultat n'a aucune importance, c'est le passage à l'action qu'on entraîne, pas la réussite.
Tu construis ensuite en montant progressivement. C'est exactement la même logique que la préparation physique : on ne charge pas la barre à fond le premier jour.
Ce qui arrive quand tu y vas
La plupart du temps, rien de ce que tu craignais.
Et c'est le point décisif. Chaque fois que tu passes à l'action et que la catastrophe n'arrive pas, ton cerveau enregistre une information nouvelle qui contredit la prédiction. Il ne peut pas obtenir cette information autrement. Aucune quantité de réflexion préalable ne la produit.
C'est pour ça que la seule sortie est l'action, même petite, même ratée.
Et si ça rate
Ça arrivera, et c'est prévu.
La question à ce moment n'est pas « pourquoi je suis comme ça », mais « qu'est-ce que ça m'apprend sur la situation ». Reste au niveau des faits. Ce que tu as tenté, dans quel contexte, ce qui a manqué.
Un échec analysé au niveau de l'action te rend plus fort. Un échec analysé au niveau de ta personne te rend plus prudent. Et la prudence, en compétition, c'est ce qui te fait perdre.
Le sujet complet est traité dans le sixième livret, AURA 06, Agir quand même : blocages, déclencheurs et passage à l'action.
Passer à l'action malgré le doute : livret AURA 06
Guillaume Leray, préparateur mental à Caen et en Normandie.
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